vendredi 2 mars 2018

Lassée des faits

Je mérite un award pour ce jeu de mots. Merci.
Je viens de regarder sur Google, il a déjà été fait. Pas merci.

En tant que blogueuse à succès et à l'humour décapant (TU LE DIS !), je suis un peu mal à l'aise quant au fait d'étaler mes états d'âmes, si nombreux et fréquents soient-ils, sur le blog. Préférant les articles un peu plus "lol" ou futiles, et dernièrement, les snaps de pets foireux qui ne font rire que moi. (si tu as ce genre d'humour, viens ! → callipyche).

J'ai toujours peur que, si j'arrête de donner aux gens ce qu'ils veulent, ils ne veuillent plus rien savoir de moi. Déjà à l'école, lorsque je n'avais pas forcément envie de sourire, mes camarades me lançaient un inquiet "Ça va t'as pas l'air bien?" C'est le fardeau du clown de service ça, dès que tu fais une tête normale ou que t'es juste un peu patraque ou pas ambiancé, on s'inquiète. "Allez lààà, on rigole !!!" Bon beh quand faut y aller hein...
Puis le sentiment que si tu montre vraiment qui tu es, on te détestera forcément. Çuilà-même.
Alors au diable, après tout, ce blog c'est un peu mon exutoire, et le tien aussi parfois. ♥
Faire rire/sourire mes semblables est ma préoccupation première depuis environ la maternelle et m'a coûté bon nombre de déconvenues (comprendre : punitions, heures de colles et conseils de discipline, voire course-poursuite avec les flics).
J'ai pris des risques, j'ai joué mon avenir (!) pour voir apparaître un rictus sur les visages canailles et complices de mes camarades. Le genre de sentiment qui te rend invincible tu sais, t'es au-dessus de tout, tu fais rire les gens et c'est jouissif, qu'importe les conséquences.
Seulement voilà : une fois que tout le monde a bien ri, tu te rends vite compte que tu peux aller te faire enculer, toi et tes "Je ne dois pas distraire mes camarades pendant le cours de géographie" à copier 100 fois.
On rigole on rigole, puis prout. Dès que tu as moins envie de rire, ça dégage sec.
20 ans après rien n'a vraiment changé.
J'suis un peu le tube de l'été tu sais : au début on l'adore, on veut l'écouter 37 fois par jour, on s'en imprègne tellement jusqu'à la couenne qu'on connaît même la choré par cœur, puis de moins en moins; on se lasse et à la fin on peut plus du tout le saquer. Un an après, c'est plus qu'un vieux souvenir dont on a presque honte.
Voilà, c'est un peu ça l'histoire de ma vie.
Seulement voilà. Moi je m'attache, et par définition, j'en chie. C'est le problème quand on aime trop fort et trop vite, quand on est une passionnée compulsive/impulsive, c'est que ça dure en général pas très longtemps et les gens se lassent. A chaque nouvelle rencontre je me dis "Allez, lâche un peu la passion, arrive tranquille, sois zen, déconne pas" et BIM en 2 jours j'ai tout niqué, j'ai démontré beaucoup trop de choses et tout le monde s'est barré en chiant dans son froc (et sur mon enthousiasme). Je suis tombée amoureuse tellement de fois dans ma vie que j'ai oublié la plupart des prénoms des gens. Amoureuse ! Oui oui, avec des vrais sentiments qui font du mal dedans et des ruptures qui font pleurer, même après deux pauvres nuits d'amour. Des ruptures amicales aussi. Je tombe amoureuse des gens que je fréquente et qui stimule mon envie de faire rire. Et évidemment, je souffre autant de fois. Chaque rupture est vécue comme un drame. Autour de moi, la totalité majorité des individus tourne la page avec une facilité déconcertante. C'est tellement vexant !

A l'instant même où j'écris ça, j'ai un peu la crotoKU. C'est vrai, quand tu ne fais que te le dire, ça n'a pas le même impact. En l'écrivant, j'ai un peu l'impression de mettre le nez dans mon propre caca.
Mais voilà, lorsqu'on met le nez dedans, on pige. On pige qu'il est temps que ça s'arrête, qu'on est pas un paillasson, et que nos sentiments ne devraient pas être malmenés, si confus soient-ils.

Alors, à 33 ans (putaindesamère) révolus, j'essaie de prendre de la distance, d'y aller mollo.
Je fais du tri, encore, et encore. Mais qui restera-t'il à la fin...?
Papounet disait sûrement vrai, on est tout seul, jusqu'à la fin des temps. L'euphorie de la jeunesse, des sentiments, de l'amitié, les serments à la vie à la mort, les larmes et les bouteilles de vin partagées, la folie, l'amour... c'est du pipeau. C'est chouette sur le moment, et c'est vraiment pas moi qui vais dire le contraire, mais c'est du vent. Tout est faux.
Voilà, maintenant on peut tous se suicider en pleurant sur l'inutilité de la vie.

Bisou, je vous aime. Enculés.

15 commentaires:

  1. Ton article m'a vraiment émue c´est criant de verite meme si c'est triste à dire.. j´aimerais rajouter a la dure conclusion de loulou qu´on a quand meme une famille et que pour ma part tu es depuis 18 ans non seulement mon tube de l'été dont je ne me lasse jamais mais aussi une bouffée de bonheur à chaque moment partagé❤️
    Ta loutre

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  2. Oh ma petite loutre chérie c'est trop gentil j'en ai la larmichette. Juju et toi êtes un peu mes premières filles tu sais. ❤ On se voit trèèès bientôt.

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  3. En effet je suis d'accord mais pas sur un point... dis toi que si toi ressent des choses aussi fortes pour certains dans le lot il y en a qui sont sur la même longueur d'ondes ! On est seul face à soi même oui et c'est ce qui est le plus dur, se plaire à soi même. Mais une chose est sur tu ne laisse personne indifférent et il vaut mieux avoir peu d'amis proche et sincère que beaucoup de faux amis autour de soi ��

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    1. Merci Jessica. Tu as certainement raison. 💝

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  4. Rhooooooo c'est touchant ce que tu écris.. Moi aussi, clown de service, je me retrouve dans tes dire.. Mais.. C'est bon de vivre en passionnée ! Faut rien regretter, c'est ce qui fait qu'on est celles qu'on est aujourd'hui non ? (tu me dis si je suis reloue...)
    Moi je te connais pas en vrai et je te suis depuis quelques temps... Et tu es mon tube de l'été même en hiver... ��
    Latif bientôt la quarantaine...

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    1. Justement, je regrette un paquet de trucs qui aurait pu m'éviter d'avoir certains comportements (de merde) aujourd'hui.
      Merci Latif, tu déchires. ❤

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  5. Méééééééé ! *ros câlin*

    Tu sais, être atteinte de sinistrose carabinée, ça t'apporte encore plus de krotoku que de consacrer ta laïfe à la pignolade et à faire rigololer ton prochain (je suis saoule, pardon). Je lutte pied à pied contre un pessimisme carabiné parce que ça m'a joué des tours durant des années. Et puis en plus, hein, je vais t'avouer un truc : une énorme merde m'est tombée dessus il y a près de cinq mois. Genre une grosse gigabouse, genre foirade d'éléphant obèse. J'ai prévenu mes copains sur Facebook parce que quand même, j'estime ne pas en avoir fait trop et pourtant… PAF deux contacts en moins. Genre, ah ouais, la meuf, elle va tout nous pourrir avec sa sinistrose alors on la dégage. Charmant, merci, et bonjour chez vous.

    En fait, que tu rigoles ou pas, les gens, c'est des gros égoïstes. Ils s'attendent à ce que tu agisses selon leur bon plaisir. C'est pourri.

    Et puis t'es jeune. J'ai 38 ans le mois prochain, rep à ça !

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    1. J'adore toujours tes commentaires Lilou.
      Qu'est ce qu'il t'es arrivé ?

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    2. Pour faire court, mon père est décédé subitement le 10 octobre dernier. Ce qu'on a pris pour une bête bronchite était en fait un œdème pulmonaire aigu. Il a été hospitalisé en catastrophe et il est mort dans la journée. Donc, à présent dépourvue de parents — je n'ai plus que mon frère aîné marié et avec une fille de 12 ans — me voilà en sous-occupation de mon HLM avec obligation de déménager, sans doute le mois prochain. Et vider 120m2 pour faire rentrer mes affaires dans quatre fois plus petit, c'est… pas trop la fête du slip. J'ai eu la chance d'être très soutenue par mes amis, de renouer des liens avec une partie de ma famille mais ces deux planquins qui m'ont virée de leurs contacts FB deux ou trois jours après l'événement… sans dire que je l'ai mal pris, je me suis dit que l'humanité n'était plus ce qu'elle était !

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    3. Putain quel enfer... :( J'ose même pas imaginer... Tu vis où ?

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  6. Émouvant et plein d'émotion ce passage à coeur ouvert...


    Je te conseille {vivement} si je peux me le permettre, le livre de Jeanne Siau Fachin, "Trop intelligent pour être heureux...".

    Hâte d'avoir ton retour !

    Je sais que le titre te rébutera en le lisant... (Je te "tutoie" si tu me le permets encore ! 😅😊)

    Mais je ne crois pas me tromper en te le recommandant ! 😌

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    1. Je vais suggérer de le commander pour la bibliothèque. Merci Maéva pour tes commentaires toujours bienveillants.

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    3. Avec plaisir.

      Tu m'as l'air d'être quelqu'un de bien...

      Si j'ai pu comprendre une petite chose dans cette vie, c'est de ne rien attendre d'autrui. Mais de tout espérer de soi même,avec patience, compassion et Amour. En attendant rien on n'est plus dépendant des situations, des circonstances, des comportements. On est plus à même d'être soi...même, avec quelques ajustements si nécessaire mais sans inhibition et craintes.

      Au final, on se rend compte que rien n'est simple et pour personne. On fait avec qui on est et que l'on a pas choisi. Avec le "ce que l'on a" du départ, que l'on a pas choisi non plus... 😐

      Mais bonne nouvelle ! Il nous reste toute une vie pour comprendre que parfois, il n'y a rien à comprendre. Et... Puis s'en foutre !

      L'introspection* c'est posséder une certaine intelligence, poussant à être une meilleur version de soi. Se pardonner et pardonner aux autres, c'est comprendre que nous ne sommes tous que des humains, au final un peu pommés.
      Tentant de survivre au sein d'une société malade nous poussant sciemment aux maux et aux tourments. Paye bien ta venue au monde ! 😑😅

      Et comme tu le fais si bien remarquer. Que l'on soit entouré ou non. Marié(e) avec enfants ou non. Caissière ou riche entrepreneur.

      Nous sommes tous seul(e) face à nous même. À Dieu. À la vie. Au monde. Et à notre interprétation des choses du monde.

      D'ou l'importance de se donner à soi même et se prêter aux autres. Le moi d'abord n'a rien d'égoïste. Car c'est en ayant un rapport sain à son Moi, que l'on donne et créé un rapport sain à l'autre, aux autres. Au monde. S'aimer c'est aussi ne plus permettre des comportements, attitudes, personnes, situations qui ne sont que petite mort. Suivre son intuition profonde, se faire confiance, se protéger et aller de l'avant...


      Ça n'est pas simple ! C'est un travail de tous les jours. Mais une fois les premières prierres posées et la pensée réorientée les choses sont plus fluides et coules de source. Youpi, Joie, Joie ! 🎉

      En un seul mot (En fait 3): Amour de Soi !

      *Les 4 accords toltèques est pas mal dans le genre ! 😊

      Et puis une phrase de Sartre que j'aime tout particulièrement, et qui résume assez bien notre passage sur cette Terre:

      "L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous."

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  7. Je me faisais la même réflexion sur les amitiés que j'ai pu avoir. Je n'arrive jamais vraiment à tourner la page alors que les autres semblent y arriver si bien... C'est triste et décevant :-/ J'ai 35 ans et j'essaie toujours de comprendre comment fonctionnent les gens ..

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