mercredi 31 mai 2017

Lettre ouverte à mon triple-menton.

Cher petit enculé,


Voilà environ 33 ans que nous cohabitons et, à ce stade de notre situation, je pense qu'il est temps de se dire les choses. 

Tu sais, en tant d'années, j'aurais pu m'être habituée à toi, à nous, mais même en comptant sur le syndrome de Stockholm, (dont le ravisseur tu l'auras compris, serait... toi), rien, nada. Je peux toujours pas te saquer. 
Tu t'incrustes sur toutes mes photos, même celles où j'essaie un temps soit peu de me la raconter : rien à faire, je me retrouve avec un goitre dégueulasse. T'es vraiment pas photogénique en plus putain, pourquoi tu t'acharnes ?

Sans déconner ?
Déjà enfant, tu t'engaillardissais d'être pincé par toutes ces vieilles dames, qui se régalaient de me "complimenter" à grands coups de "Ooooh mais qu'elle se poRte bien cette petite !", roulage de "r" à l'appui... Mais ça, encore, si j'avais su, ce n'était rien... 

Te souviens-tu de cette fois où nous avions ramené ce charmant jeune mâle à la maison ? Tout était parfait : la température, mon épilation et mon degré d'alcool... mais il a fallut que tu gâches tout. En effet, tu t'es ligué avec ton meilleur ami, ton frère jumeau, ton acolyte : mon bide ! Et, lorsque mon prince charmant a cru touché mon sein, il s'est aperçu qu'il pelotait en fait mon ventre. Oui. Alors je vous ai entendu rire, tous les trois... pendant que je me jurais sur ma tête de me mettre dans la seconde au régime draconien, à un abonnement drastique à la salle de sport et aux smoothies-healthy-fit-natural-body-shape-ta-gueule. 

Une semaine plus tard, le sentiment de honte enterré et les résolutions oubliées, je sirotais une bière-pression sur une terrasse ensoleillée, accompagnée d'un nouveau prince, ventripotent cette fois et choisi avec soin. Tout se passait à merveille jusqu'à ce que ce petit enfoiré de mes deux n'ait rien trouvé de mieux à sortir que "C'est cool, on est gros tous les deux, je crois que c'est la première fois que ça m'arrive ! (rire gras et triple-menton qui ballotte)"
J'ai cligné des yeux 15 fois d'affilées pour être sûre d'avoir bien entendu, ai fini ma bière cul-sec et... on est allé chez lui.
OUI J'AI DE L'HUMOUR !!! (et j'aime pas bien la solitude...)

Je vais arrêté là les anecdotes pitoyables, j'ai VRAIMENT pas besoin de ça pour être ridicule et je sens que tu jubiles.

J'ai surtout écrit cette lettre pour que tu saches à quel point je méprise la façon dont tu te pavanes entre mon menton et mes clavicules et te dire que tu ne paies rien pour attendre. Continue à faire le mariole : j'aurais ta peau !

Bisou !

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